DESTINATION: LE TURKESTAN (OUZBEKISTAN – KIRGHIZISTAN – XINJIANG)

Nous avons entrepris, en septembre et octobre 2013, un voyage qui nous a menés de Khiva (à l’ouest de l’Ouzbékistan) à Katmandhu (au Népal), en passant par le Xinjiang, le Gansu et le Tibet.

Pour des raisons pratiques, la relation photographique de ce périple a été scindée en deux parties: 1. le Turkestan, 2. le Tibet et le Népal. Ci-dessous, la relation de notre voyage au Turkestan; pour la suite (Tibet & Népal), retour au menu principal.

Qu’est-ce que le TURKESTAN?

Au XIXème s. on nommait Turkestan la partie de la Haute Asie délimitée actuellement par les steppes du Kazakhstan et le massif de l’Altaï au nord, par la Mongolie et la Chine à l’est, l’Inde, le Pakistan, l’Afghanistan et l’Iran au sud et la mer Caspienne à l’ouest. Le Turkestan tire son nom des premières civilisations turques établies dans cette région, les peuples turcs étant eux-mêmes originaires de l’Altaï. Le Turkestan est divisé en deux zones (séparées par les massifs du Tian-chan et du Pamir, bien visibles sur la carte ci-dessous): le Turkestan occidental (Turkestan russe au XIXème s.) qui a constitué ensuite l’Asie centrale soviétique pour enfin éclater en cinq républiques indépendantes après 1991 (notons la place à part du Tadjikistan où la langue dominante – le tadjik – n’est pas turque, mais iranienne). Le Turkestan oriental ou chinois qui constitue actuellement la Région autonome ouïghoure du Xinjiang.

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Point de rencontre des grandes civilisations de l’Orient et de l’Occident, les déserts, les oasis et les montagnes de l’Asie centrale ont vu passer, pour le meilleur et le pire, conquérants, peuples et cultures…

 

Ils sont passés par là…

Alexandre le Grand, qui a guerroyé dans la Sogdiane et la Bactriane (régions qui recouvrent le nord de l’Afghanistan et le sud de l’Asie centrale actuels) pendant deux ans, de 329 à 327 avant J.-C. avant de partir pour l’Inde du nord. La ville dont Alexandre le Grand s’empara en 329 s’appelait alors Maracanda, pas encore Samarcande.

Les caravaniers de la Route de la soie qui ont sillonné d’est en ouest (et inversement) –  depuis les temps immémoriaux jusqu’au XVème s. – le faisceau de pistes partant de Xian et aboutissant à Antioche.

Les armées conquérantes de l’islam, qui ont pris Bukhara et Samarcande dès le tout début du VIIIème s.

Gengis Khan, qui, à la tête d’une armée de 200 000 hommes, ravagea toute la région à partir de 1219. Deux villes ont particulièrement souffert: Samarcande et surtout Bukhara, ville dans laquelle il proclama: «Je suis le châtiment de Dieu pour vos péchés». Les exactions des hordes mongoles auraient fait dans la région plus d’un million de victimes, mais finalement, il n’aura été qu’un petit joueur comparé à…

… Tamerlan (Timur lang, ou Timur le Boîteux), le régional de l’étape, né à Shahrisiabz et enterré à Samarcande (il est mort en 1405, à l’âge de 69 ans). La «catastrophe timouride», c’est en ces termes que beaucoup d’historiens désignent les destructions et les massacres qui ont accompagné ses campagnes militaires (on estime à 15 millions !!!!! – soit 5% environ de la population mondiale de l’époque – le nombre de ses victimes). Seuls avaient une chance d’en réchapper les artisans, qu’il fit venir des quatre coins de son empire pour embellir sa capitale, Samarcande.

Les Ouzbeks (peuplade originaire de Sibérie méridionale), qui s’installèrent dans la région au début du XVIème s.

Babur, né à Andijan en 1483 et mort à Agra en 1530. Chassé de la vallée du Ferghana par les Ouzbeks, il trouve refuge à Kaboul puis conquiert l’Inde du nord et y fonde la dynastie moghole qui régna sur le pays jusqu’au XIXème S.

Les Russes qui, redoutant l’expansion de l’empire britannique à partir des Indes, acquirent, à l’issue d’une guerre qui dura un peu moins de 20 ans, les territoires qui composèrent à partir de 1920 l’Asie centrale soviétique.

Les Tavernier, une première fois en 1987, puis en septembre 2013, avant de passer au Xinjiang.

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Nous avons parcouru l’Ouzbékistan d’ouest en est (de Khiva à Andijan), puis effleuré le Kirghizistan (Osh) pour enfin, au Xinjiang, suivre la route nord de la soie (de Kashgar à Turfan). A cette première partie nous rattachons, pour plus de cohérence, notre étape à Dunhuang (province du Gansu, à la jonction des déserts de Taklamakan et de Gobi).

L’ensemble du voyage. Transport en avion, train, bus et voiture particulière.

Numériser 304

L’OUZBEKISTAN

L’Ouzbékistan est l’une des cinq républiques qui, avant 1991 et avec le Kazakstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et la Turkménie, constituaient l’Asie centrale soviétique. La population de l’Ouzbékistan est de 30 millions d’habitants pour une superficie d’environ 450 000 km², la capitale Tashkent reste, avec ses 3 millions d’habitants, de loin la ville la plus importante de l’ex-Asie centrale soviétique. Le territoire est à 80% occupé par une plaine désertique, avec, de-ci de-là, des oasis, la vallée du Ferghana, située à l’extrémité orientale du pays, en est la partie la plus fertile (culture du coton). Le climat est continental, il fait (très) froid l’hiver et très chaud l’été, l’automne en revanche est agréable…

 

Nous avions gardé un excellent souvenir de notre premier séjour en Ouzbékistan (c’était au temps de feu l’Union soviétique) et de son exceptionnel patrimoine architectural (Khiva, Boukhara, Samarcande), même s’il était à l’époque quelque peu ou très négligé. Un gros effort de mise en valeur a été entrepris depuis 1991, parfois un peu trop (à Samarcande surtout), ce qui en plus s’est traduit par la démolition – et le remplacement par de vastes esplanades – de tous les vieux quartiers qui enserraient auparavant les sites. Quant à ceux qui ont été préservés, je pense notamment aux quartiers de part et d’autre de la rue de Tashkent (à Samarcande), il faut être très curieux comme nous, et disposer d’un peu de temps pour les découvrir car ils sont pudiquement et efficacement cachés à la vue des touristes. Nous avons également noté, notamment à Ferghana et à Andijan, un gros effort pour moderniser le centre des villes: grandes artères rectilignes, bordées de maisons et de magasins un peu à l’occidentale, éclairage public, trottoirs etc… Dans l’espoir visiblement de faire disparaître à terme les bazars et de donner aux villes un aspect plus «civilisé». Le résultat est décevant: c’est très laid, et vide car les bazars font de la résistance. A moins que cet effort de rénovation soit la conséquence des récents troubles et émeutes?

Informationsvereinbarung AT 36

Quoiqu’il en soit, départ le 14 septembre de Paris pour Ourgentch (et Khiva).